COMMUNIQUE DU 22 JUIN 2005
Au lieu de s'attaquer à l'état avancé de dégradation de l'environnement physique et social sénégalais, condition sine qua non du développement durable de notre pays,
le Gouvernement préfère annoncer de nouvelles mesures de 15 milliards pour la protection de l'environnement fiscal des « grands pollueurs ».
Depuis l'alternance politique survenue le 19 mars 2000 au Sénégal, l'application rigoureuse des éléments du cadre juridique existant (le nouveau Code de l'environnement), des mesures draconiennes, des actions soutenues avec des moyens conséquents pour une meilleure protection et un respect scrupuleux de l'environnement physique et social de notre pays, accompagnées d'une bonne politique d'éducation environnementale et d'un meilleur encadrement des citoyens afin de les emmener à entrer dans la citoyenneté active et l'écocitoyenneté, et à adopter des gestes et des comportements favorables au cadre de vie commun, ne semble pas figurer parmi les priorités du Gouvernement sénégalais.
En effet, restant sourd et aveugle devant les nombreuses agressions qui menacent de manière permanente l'environnement et le cadre de vie commun en particulier, sources de toutes sortes de maladies et de la pauvreté dans nos villes comme dans nos campagnes, le Président de la République, alors qu'il présidait les travaux de la 5ème session du Conseil présidentiel sur l'investissement, vient d'en administrer la preuve éclatante, en offrant un cadeau de quelques 15 milliards de francs CFA au Patronat sénégalais qui découlera, à partir de 2006, d'une baisse de 8% des impôts sur les sociétés, tout en maintenant une politique sournoise d'élargissement de l'assiette fiscale qui accentue chaque jour d'avantage la pression sur les populations les plus défavorisés dans le tissus social national.
Offrir un tel cadeau au collectif des « grands pollueurs » de notre pays, alors que le respect et la protection de notre environnement attendent toujours de ces derniers, en application du principe élémentaire des « pollueurs – payeurs », que le Gouvernement refuse de mettre en application, des moyens légitimes, est un non-sens.
Nous n'avons rien contre les entreprises sénégalaises, qui créent des emplois et de la richesse, mais les écologistes s'opposent radicalement à une croissance aveugle (« il faut de la croissance, toujours de la croissance, beaucoup de croissance et encore de la croissance » disent-ils, alors que tout le monde admet aujourd'hui que l'accroissement de la richesse n'est pas illimité) qui méprise l'homme et l'environnement, et dont les fruits ne font qu'enrichir d'avantage les riches et appauvrir d'avantage les pauvres. Bien sûr nous comprenons aisément Monsieur Baïdy AGNE, Président du conseil national du patronat sénégalais quand il se félicite de voir le Président de la République se constituer en
« défenseur » voir en « avocat » des entreprises. Les écologistes se demandent alors : où se trouve donc, dans cet appareil de l'Etat sénégalais, le « défenseur » ou « l'avocat » de l'environnement ? Où se trouve donc « l'avocat » de ce bien commun à tous les sénégalais et de la Nation toute entière, ce bien indispensable à toute vie sur terre, dont le non-respect et la dégradation continuelle, sans réaction des pouvoirs publics, risquent d'hypothéquer toutes les chances des générations futures à construire une société équilibrée et viable ?
Les écologistes non rien contre les entreprises sénégalaises, mais nous sommes peinés par leur statut de « grands pollueurs » des oeuvres du Grand Architecte de l'Univers et du cadre de vie commun : « la vie n'est pas une marchandise ». Cependant nous restons convaincus que la gravité des problèmes environnementaux dans notre pays et l'impérieuse nécessité de les résoudre sans freiner la machine économique obligent, de plus en plus, les chefs d'entreprises et les écologistes à travailler ensemble, afin de garantir la survie à long terme de notre cher pays, le Sénégal. Les entreprises sénégalaises, que rien ne semble vouloir (absence d'une volonté politique nette) ou pouvoir (mise à disposition de moyens sophistiqués d'observation et d'analyse des pollutions) faire comprendre les conséquences des multiples agressions qu'elles font subir à l'environnement, doivent se résoudre à accepter, comme cela peut s'observer aujourd'hui un peu partout dans le monde, que malgré le règne du libéralisme économique, beaucoup d'entreprises ont accepté de travailler activement dans le cadre de la citoyenneté à faire cohabiter la création de richesses avec un respect scrupuleux de l'environnement, car produire proprement n'est plus une fiction, mais bien une réalité, que nous imposent les conditions du développement durable.
Pour le Bureau Exécutif du RES « les VERTS »
Ousmane sow HUCHARD, Porte-parole, Secrétaire National en charge de l'Administration et de la Citoyenneté active ; reslesverts@sentoo.sn;Tél : 842 34 42 ; 568 47 87